Le filtrage altitudinal des espèces d'arbres de grande taille permet d'expliquer la variation de la biomasse aérienne dans une forêt tropicale d'Afrique centrale

Telle est la conclusion d'une conduite réalisée Christelle Gonmadje, ancienne doctorante au sein de l'unité Forêts et Sociétés, en association notamment avec trois chercheurs de la même unité (Sylvie Gourlet-Fleury, Vincent Freycon et Charles Doumenge).

Les patrons de variation de la biomasse hors-sol des forêts tropicales le long de courts gradients altitudinaux demeurent mal connus. Le but de cette étude était d'investiguer la variation de la biomasse hors-sol avec l'altitude dans les forêts anciennes et de détermininer l'importance des changements de composition floristique comme cause de cette variation. Nous avons utilisé un ensemble de données provenant de 15 parcelles permanentes de 1 ha, depuis une basse altitude (200 m d'altitude) jusqu'à l'étage des forêts submontagnardes  (900 m d'altitude) dans le massif Ngovayang, au sud-ouest du Cameroun. Nous avons analysé cette variation avec l'altitude selon deux traits fonctionnels spécifiques : la hauteur maximale potentielle des arbres, et la densité du bois. La biomasse forestière aérienne diminuait de 500 à 600 Mg par ha dans des parcelles de plaine à environ 260 Mg par ha aux plus hautes altitudes. La contribution à la biomasse aérienne des espèces de grande taille (DHP ≥ 70 cm) diminuait avec l'altitude, tandis que la contribution des arbres plus petits demeurait constante. La contribution des Fabacées, sous-famille des Caesalpinioideae, diminuait avec l'altitude, tandis que celles des Clusiaceae, Phyllanthaceae et Burseraceae augmentait. Bien que la hauteur potentielle maximum des arbres diminuait de manière significative, la densité du bois ne présentait aucune tendance le long du gradient. Enfin, la diminution de la biomasse aérienne le long de ce court gradient altitudinal peut être au moins partiellement expliquée par un changement de la composition floristique, les espèces de grande taille étant filtrées par les plus hautes altitudes. Ces résultats suggèrent que le changement global pourrait conduire à des changements importants dans les propriétés des forêts montagnardes.

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Publiée : 20/04/2017

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