Les études sur l'adaptation au changement climatique tiennent-elles pertinemment compte du genre ?

Une analyse à laquelle a participé Bruno Locatelli révèle que dans les études sur le changement climatique, le genre reste essentiellement traité selon une simple dichotomie entre hommes et femmes, mais peu ou pas d'attention est accordée au pouvoir et aux relations sociales et politiques impliquant les femmes.

Le changement climatique et les stratégies d'adaptation connexes ont des répercussions différenciées selon le sexe. Cet article examine comment le genre est pris en compte dans 41 publications sur l'adaptation au changement climatique, en se basant sur une approche d'intersectionnelle qui étudie conjointement les formes de ségrégation et de discrimination. Les principaux résultats montrent que bien qu'une telle analyse présente de nombreux avantages pour conduire une étude approfondie du genre, elle n'est pas encore intégrée dans le domaine du changement climatique et du genre. Dans les études sur le changement climatique, le genre demeure essentiellement traité dans une dichotomie entre hommes et femmes, et peu ou pas d'attention a été accordée au pouvoir et aux relations sociales et politiques. Ces lacunes qui se font sentir dans d'autres domaines du développement et de la recherche sur le genre, illustrent une « féminisation de la vulnérabilité » et renforcent un discours de « victimisation » dans les études sur les changements climatiques. Nous soutenons notre conviction qu'une évaluation intersectionnelle critique contribuerait à clarifier les voies d'action et d'émancipation inhérentes au processus d'adaptation, en fournissant une meilleure compréhension de la façon dont les impacts différentiels du changement climatique forment et sont façonnés par la dynamique de pouvoir complexe des relations sociales et politiques existantes.

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Publiée : 09/01/2017

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